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Humeurs

Maman

Maman,

Voilà exactement 1 143 jours que je vis sans toi. On pourra en dire ce que l’on veut, que le temps apaise la douleur, qu’on finit par moins y penser, par ne plus en pleurer, c’est faux. Archi-faux. Pas une journée ne passe sans que je ne pense à toi, pas une seule nuit sans que je ne rêve de toi. Et je n’exagère en rien ces faits, c’est exactement ainsi que je le vis. A chaque instant je me demande ce que tu en aurais pensé, comment tu aurais réagi, ce que tu m’aurais dit. Evidemment le temps joue tout de même son rôle, et les bons souvenirs finissent par prendre le dessus sur l’horreur des derniers mois, des derniers jours, des dernières heures. Mais Maman tu me manques tellement !

Tu sais, il n’y a rien de plus difficile que l’absence. Ne pas pouvoir te serrer dans mes bras, rigoler avec toi, aller faire du shopping entre mère et fille, te poser mille et une questions sur ton adolescence, ta vie de jeune femme et de jeune maman. Maintenant que tu es partie, je réalise chaque jour un peu plus toutes ces foutues questions en suspend qui n’auront plus jamais de réponse, toutes ces choses que j’aurais aimé savoir, partager avec toi. J’avais beau te connaître par cœur, plus je vieillis et plus je prends conscience de tous ces milliards de petits moments qu’il nous restait à partager toutes les deux. Tu n’es plus là… Tu ne seras pas là lorsque je deviendrai mère à mon tour, lorsque je me marierai, lorsque j’aurai besoin de toi. Comment fait-on pour vivre et s’épanouir sans celle qui nous a mis au monde ??

Discuter de la perte d’un être cher est malheureusement un sujet tabou. Quand on l’aborde en société, les gens sont gênés pour nous, ne savent pas quoi répondre et préfèrent parler d’autre chose. Quoi de plus naturel ? Et pourtant ça me pèse tellement ! Je voudrais pouvoir en parler pendant des heures, pleurer et pleurer encore et ne pas en avoir honte. Même trois ans après, même 30 ans après. Quant à en parler en famille, c’est encore plus douloureux car je ne suis évidemment pas la seule à souffrir de ton départ. Nous nous contentons en général d’aborder les souvenirs joyeux, les moments de bonheur quand nous rigolions tous ensemble, les anecdotes qui nous rappellent ton image, ou tes petits défauts qui nous manquent affreusement…

Je sais à quel point tu avais peur de nous abandonner, ou de nous briser en partant. Tu étais tellement forte, tellement humaine, tellement sensible ! Je t’ai toujours admiré, tu seras toujours mon modèle. Nous avons dans notre malheur la chance formidable d’avoir une famille unie et soudée, où l’amour ne manque pas. Et je sais que sans Papa, sans Thomas et sans Mima, sans cet amour qui nous unit, nous n’aurions pas pu continuer. Je les aime tant eux aussi !

Il est extrêmement difficile d’écrire un texte qui te rende hommage et qui exprime suffisamment bien ce que je ressens depuis ton départ. Tu étais et tu resteras la femme de ma vie, ma Maman, ma force et ma faiblesse. Aucune femme ne saurait te remplacer. Tu as été le plus merveilleux modèle qu’une fille pouvait avoir : une mère aimante, battante, prête à tout pour ceux qu’elle aime. Une confidente, un repère, mon guide dans les moments difficiles, un véritable pilier d’amour et de force. Je n’aurais pu rêver mieux pour m’aider à grandir que de t’avoir auprès de moi. Aucun mot ne saurait expliquer ce que nous avons vécu avec toi, tous ces moments de bonheur que nous avons partagés, tout ce qui résume la vie à tes côtés. Et c’est tant mieux, c’est à nous, en nous. Les autres n’ont pas besoin de le savoir. De toute manière de Là-Haut, tu vois tout n’est-ce pas ? Tu lis dans nos petits cœurs comme dans des livres ouverts ! Et je suis sûre que tu y vois un amour sans limite qui ne risque pas de s’effriter un jour, pour aucun d’entre nous. Tu fais partie de nous, nous faisons partie de toi.

La peine ne partira jamais, le manque que tu as laissé ne se comblera jamais non plus. Mais je sais que malgré tout tu es là quelque part, je le sens. Tu ne nous as pas laissé, j’en suis sûre. Et un jour on finira par se retrouver Là-Haut. Tu le sais, je ne pourrai jamais t’oublier, aucun de nous ne le pourra. Et ne t’inquiète pas, malgré ces énormes larmes qui roulent actuellement sur mes joues, je vais bien, nous allons bien, grâce à toi. J’espère que ton petit nuage est confortable, que Picout a correctement réglé le thermostat de la chaudière du purgatoire (après moult explications sur la technique auprès de St Pierre, qui a sûrement fini par abandonner comme Benoît l’avait évoqué ! :P) et qu’il t’entoure de tout son amour de père. Que Papi et Mamie, Danièle et tous ceux que tu avais perdus sont là auprès de toi sur ce petit nuage.

Vous nous manquez tous. Je t’aime, je t’aime, je t’aime.

Ta Mimi.

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