Humeur

Introspection

22 août 2019

Je ne suis pas comme eux. Je ne serai jamais aussi à l’aise qu’eux en société.

Voilà un moment maintenant que je m’interroge sur cette facette franchement pas glop de ma personnalité : mon estime de moi. Quasiment inexistante. Quoi de moins attirant qu’une fille qui doute sans cesse d’elle-même ? Pas grand chose, je vous l’accorde. J’ai beau remonter le temps, force est de constater que c’est un fait avéré : je n’ai JAMAIS eu confiance en moi. On pourrait se lancer dans de graaandes analyses psychologiques de mon enfance et de mon passé pour savoir ce qui a bien pu façonner cette bien vilaine image de moi-même, mais franchement à quoi bon ? Les grandes lignes, je les ai. Connaître son origine est certes important pour avancer, mais ça ne fait pas tout, loin de là.

En réalité, il faut que ça change. Parce que je vaux tellement plus que ce que je veux bien me laisser croire (et laisser croire aux autres !). Car il n’y a pas de secret : les autres nous traitent avant tout de la manière dont on se traite soi-même, et de la façon dont on les laisse nous traiter. Pourquoi donc irait-on vous aimer et vous admirer alors que vous êtes en permanence en train d’insinuer que vous n’en valez pas la peine ?? Quand on y réfléchit, ça paraît logique. Sauf que lorsque ces automatismes sont profondément ancrés en vous depuis l’enfance, c’est tout de suite bien moins évident.

En réalité, c’est souvent le même schéma qui se répète : au départ, je passe pour la nana marrante, sociable, relativement jolie et globalement à l’air plutôt sûre d’elle. J’attire rapidement la sympathie et l’intérêt des gens par la légèreté qui semble se dégager de ma personnalité. Je souris beaucoup, je plaisante, j’ai l’air enjoué. Et ça ne me demande même pas d’effort particulier (c’est ça le comble). Tant que la relation avec les autres reste en surface, je maîtrise, je « surfe » dessus, tout va pour le mieux. Je ne crains pas (ou peu) le jugement des autres puisque de toute manière, ils ne comptent pas plus que cela pour moi. Et puis… Je commence à les voir régulièrement, à apprendre à les connaître (et eux de même). Les premiers liens se tissent, je commence à réellement apprécier la personne. Et c’est là que ça se gâte.

J’ai ce besoin de « contrôle » en permanence : de ce que je dis, de ce que je fais, de ce que je laisse paraître. Forcément, ça marche bien pour les relations superficielles, celles que l’on ne compte pas approfondir plus que cela. Mais dès que mes sentiments entrent en jeu… Je fuis. J’essaye maladroitement de rester « en surface », de ne pas trop m’impliquer émotionnellement en évitant de créer une trop grande complicité avec la personne. Et quand je sens que malgré mes barrières, mon petit cœur est un peu trop impliqué, je stoppe tout.

Pourquoi ne pas plutôt me faire confiance et me laisser une chance de tomber réellement amoureuse par exemple ?? Ou de m’attacher sincèrement à une amitié ? Pourquoi toujours fuir depuis 3 ans… Je gâche systématiquement tout. Parce que je doute de moi, de ma capacité à rendre quelqu’un heureux, à être suffisamment présente et attentive aux autres, de ma capacité à me faire aimer en retour. J’ai tellement peur d’être abandonnée ensuite sur le bas-côté.

Alors qu’il me suffirait juste d’être réellement moi, complètement, librement. Juste moi, avec mes qualités et mes défauts, mes éclats de rire, mon empathie, et mes incertitudes. Comme avant. Parce qu’après tout, je vaux le détour quand même 😉 !

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2 Comments

  • Reply Clochou 22 août 2019 at 16 h 41 min

    Ooooh ma Milie 😘. Depuis tout ce temps que je te connais je peux t’assurer que tes derniers mots sont vrais. Même si on ne se voit vraiment pas souvent, tu comptes énormément pour moi, plus que ce que tu pourrais penser. J’ai si hâte de te serrer dans mes bras samedi et de retrouver cette complicité qui nous lie avec les filles.
    Tu es sur la bonne voie pour apprendre à t’aimer comme tu es car il ne faut surtout pas que tu changes !
    Je t’aime ma Milie 💜

  • Reply Justine 11 septembre 2019 at 10 h 45 min

    Coucou ! Je suis très touchée par cet article dans lequel je me reconnais tellement…
    Tu as les réponses et les clés. Elles sont toutes dans les deux dernières lignes de ton article. Mais je sais bien que c’est plus facile à dire qu’à mettre en pratique.
    Si ça peut te rassurer, j’ai réussi à m’aimer depuis environ 2 ou 3 années maintenant. Ca ne veut pas dire que ça a tout réglé et que je suis au max. Parfois, j’ai des petites rechutes de confiance et puis j’ai encore beaucoup de mal avec mes relations aux autres. Mais ça m’a beaucoup aidé et ça me permet d’être moins angoissée au quotidien.
    Le livre -Je pense trop- m’a bien aidé également parce qu’il m’a aidé à encore mieux me comprendre.
    Le titre de ton article le dit, tu t’es lancée dans une introspection et tu es sur la bonne voie, je pense. Alors tout ira mieux avec le temps si tu continues comme ça, je pense. Je te le souhaite de tout coeur en tout cas 🙂
    Merci pour tes mots. <3

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